Jamais elle ne sut pourquoi, mais elle dériva d'une terre à une autre sans but, tel existait un monstre sans la moindre bévue. Les dieux semblaient se moquer de son existence, de sa création, de son destin, de ses rêves, de son passé, mais surtout de sa souffrance. Sa propre magie avait coupé celle de sa demie-soeur, l'orgueil primant la fierté simple de combler ce mot, sans qu'elle ne veuille faire de même avec Naya.
Ce nom porteur de la haine des fées ou de la honte des mers, peu importe les mystères, aujourd'hui, plutôt cette nuit, son ombre vint parcourir les parois du temple de Kithahara. Une déesse pacifique disait-on? Naya ne partagerait jamais ses valeurs, malgré son poste. Aider son proche relevait de l'impossible pour un hybride comme elle, surtout vu son état.
Sa peau d'un teint si pâle qu'il se teintait d'un petit mauve d'opale, ses lèvres d'une teinte variant au noire ne cachaient point ses dents d'une blancheur déchirante. Des ongles argentés enfonçant leurs ongles longs dans la tête d'un innocent, ce blasphème lui servit de déjeuner. Vêtue d'une cape blanche, sa capuche délivra la vue charmante et effrayante de son visage arrogant, complété d'un regard sanguinolent des enfers. Des yeux de démons occupant l'endroit précis de ses iris pour enflammer des ténèbres ce sang milles fois maudit par sa propre mère.
Des mèches violettes se bouclant autour de ce visage fin et de ses oreilles foncièrement pointues, deuxième preue de sa complexité, ses courbes charmantes étaient accoutrés d'une tenue légère. Une jupe d'un blanc fantômatique dégageant un chakra fait d'allégories en tournant autour de ses jambes galbées à souhait. Ses épaules nues, son dos creux, de petites manches prévoyaient la pudeur d'une quelconque vue, tandis qu'une fleur dorée composait la broche retenant son unique couverture envers les hommes. Laissant ses réserves d'eau sur ses membranes de fées atrophiées, Naya croqua gouleusement dans le crâne de l'humain au regard terrifié, tout en le rongeant comme une pomme.
Dédaignant par caprice ses cheveux, elle avala une bonne partie de masse musculaire, avant de dire de sa voix mortellement mélodieuse, mais purement cynique:
-Les humains croient en une statue?